libération, émancipation,égalité,hommes-femmes,anti-classisme,anti-sexisme,anti-racisme
Contre les intégristes une politique de libération sexuelle.
lundi 16 mars 2009 (22h50)
Une réponse à «Le progrès civilisationnel» - Léo Jog
http://www.blogg.org/blog-78689-themes-modernite___civilisation-237306.html
15 mars 2009
D’ordinaire le terme intégriste se rapporte à la religion, aux durcissement autoritaire, sexiste et anti-laïc des religions. Il convient de ne pas en étendre le sens. Cependant la marchandisation des corps via la prostitution montre une sorte d’intégrisme du marché des "biens et services". La prostitution va plus loin dans la vente, elle vend des humains. L’intégrisme s’appuie toujours sur ce qui existe de façon disséminée dans le corpus d’une religion mais par la sélection opéré l’intégrisme construit une doctrine spécifique qui lui fait franchir un cran (1). La prostitution fait de même par rapport à la logique marchande. Vendre des artifices de séductions serait trop ordinaire et insuffisant pour l’accumulation du capital, il lui faut vendre les corps en remplaçant la démarche de conquête par la monnaie.
*
Les façons de vivre la sexualité et donc les rapports de séduction (ou non) qui participent des modalités de la rencontre varient énormément selon les époques, le genre (masculin ou féminin) et l’âge. L’énergie sexuelle est variable d’un individu à l’autre et pour un même individu elle peut se manifester différemment selon les âges de sa vie. Reste que nul n’en est dépourvu. Que l’on soit homo ou hétéro, elle pousse à la rencontre d’un ou plusieurs partenaires. Ce qui différencie les individus ce sont les représentations de ce qu’ils se font de la sexualité.
Ces représentations quoique diverses aujourd’hui sont largement déterminées par l’ordre dominant. Ceux qui voient la sexualité comme essentiellement mauvaise, sale vont tendre à l’interdire ou à défaut la circonscrire dans un cadre restreint qui a varié selon les époques, les continents et les religions. Ceux qui la voit comme une affaire juteuse, je veux dire ici source de profit, vont également la circonscrire à un champ spécifique. Ce qui différence le sexe-profit du sexe-sale sera son aspect public voire publicitaire. Mais l’enjeu n’est pas dans le montré ou caché, du moins pas totalement. Dans le premier cas, celui de la tradition patriarcale et religieuse, la sexualité tendra à disparaitre au profit de l’amour désexualisé, sans désir de contact charnel. Dans l’autre cas, celui du sexe vendu à la clientèle, la sexualité va tendre à perdre toute attache sentimentale. Le sexe n’est qu’un rapport fugace ne laissant aucune empreinte pas même celle du désir. L’individu-client ne risque pas d’être tourné vers un passé nostalgique car il est tendu, si je puis m’exprimer ainsi, vers un autre objet d’excitation. Il ne s’embarrasse pas de questions diverses liées peu ou prou aux attachements résiduels issus de relations valorisées.
Ce qui différencie les individus ce sont aussi les imaginaires auxquels ils font appel pour vivre une partie de leur sexualité. Pas de sexualité sans fantasmes. Or les fantasmes peuvent faire peur car souvent marqués par des archétypes et par la transgression, des transgressions variables plus ou moins assumés, plus ou moins passibles de réalisation effective avec un ou une ou des partenaires.
*
C’est là que la sexualité prend une dimension politique car il s’agit d’affirmer d’une part la distinction du phantasme et du réel (thème de la complicité) ainsi que la pluralité des normes voire l’absence de norme et d’autre part la valeur du nécessaire consentement de l’autre et au-delà la valeur de l’égalité et de la réciprocité.
JJ Lakrival
1° La théologie de la libération puise elle aussi dans le corpus chrétien mais pour fournir une doctrine opposée des intégristes qui dépasse nettement d’un cran qualitatif net la doctrine social de l’Eglise. Avec un gros bémol concernant l’avortement et même la contraception. L’Amérique latine ne semble pas avancer sur ce plan.